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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 12:21

Un des joyaux du patrimoine mondial, Tombouctou est protégée par l'UNESCO.
Ci-après, l'article publié par l'UNESCO sur son site:

Dotée de la prestigieuse université coranique de Sankoré et d'autres medersa, Tombouctou était aux XVe et XVIe siècles une capitale intellectuelle et spirituelle et un centre de propagation de l'islam en Afrique. Ses trois grandes mosquées (Djingareyber, Sankoré et Sidi Yahia) témoignent de son âge d'or. Bien que restaurés au XVIe siècle, ces monuments sont aujourd'hui menacés par l'avancée du sable.
  Tombouctou © UNESCO

Valeur universelle exceptionnelle


Située aux portes du désert saharien, aux confins de la zone fertile soudanaise et dans un site exceptionnellement propice et proche du fleuve, Tombouctou est l’une des villes d’Afrique dont le nom est le plus chargé d’histoire.

Fondée au Ve siècle, Tombouctou connait son apogée économique et culturel aux XVe et  XVIe siècles. C’était un haut lieu de la diffusion de la culture islamique avec l’université de Sankoré comprenant 180 écoles coraniques et comptant 25 000 étudiants. C’est aussi un carrefour et un véritable lieu de négoce où se négocient les manuscrits et le sel de Teghaza venant du nord, les ventes d’or, de bétail et de céréales provenant du sud.

La mosquée de Djingareyber, dont la construction initiale remonte au sultan Kankan Moussa, revenu en 1325 du pèlerinage à la Mecque, a été reconstruite et agrandie entre 1570 et 1583 par l’Imam Al Aqib, Cadi de Tombouctou qui lui ajouta alors toute la partie sud et le mur d’enceinte du cimetière situé à l’ouest. Le minaret central qui domine la ville constitue un des repères le plus visible du paysage urbain de Tombouctou.

Bâtie au XIVe siècle, la mosquée de Sankoré a été, comme la mosquée de Djingareyber, restaurée par l’Imam Al Aqib entre 1578 et 1582. Il fit démolir le sanctuaire et le reconstruisit en lui donnant les dimensions de la Kaaba de la Mecque.

La mosquée de Sidi Yahia, au sud de la mosquée de Sankoré, aurait été construite vers 1400 par le marabout Cheick El Moktar Hamalla dans l’attente d’un saint qui se manifesta quarante ans plus tard en la personne du chérif Sidi Yahia, qui fut alors désigné comme Imam. La mosquée a été restaurée en 1577-1578 par l’Imam Al Aqib.

Les trois grandes mosquées de Djingareyber, Sankoré et de Sidi Yahia, seize mausolées de saints et les places publiques, témoignent toujours de ce passé prestigieux. Les mosquées sont des exemples exceptionnels de l’architecture de terre et des techniques traditionnelles d’entretien continu.

Critère (ii) : Les mosquées et les lieux saints de Tombouctou ont joué un rôle essentiel dans la diffusion de l’Islam en Afrique à une très haute époque.

Critère (iv) : Les trois grandes mosquées de Tombouctou, restaurées par le Cadi Al Aqib au XVIe siècle, témoignent de l’âge d’or de cette capitale intellectuelle et spirituelle à la fin de la dynastie des Askia.

Critère (v) : Les trois mosquées et les mausolées sont des témoignages exceptionnels de l’établissement urbain de Tombouctou, de son rôle d’important centre commercial, spirituel et culturel aux confins méridionaux de la route commerciale transsaharienne, et de ses techniques de construction traditionnelles caractéristiques. Leur cadre est maintenant rendu très vulnérable face aux changements fondamentaux.

Intégrité


Les trois mosquées et les seize mausolées composants du bien constituent un cliché de l’ancienne grande cité de Tombouctou qui comptait au XVIe siècle 100 000 habitants. Les vestiges du tissu urbain sont essentiels pour leur contexte. Toutefois, comme indiqué au moment de l’inscription du bien, l’urbanisation sauvage qui sévit à Tombouctou, comme à Djenné, menace particulièrement l’architecture, les grandes places publiques et les marchés. Des structures contemporaines ont fait des brèches irrémédiables dans le parcellaire et sont évidemment hors échelle avec les bâtiments traditionnels. Ce processus d’usure se poursuit et très récemment un nouvel institut de grandes dimensions a été construit sur une des places publiques, compromettant l’intégrité de la mosquée de Sankoré. La pression du développement urbain associée au manque d’entretien et aux inondations, résultant des fortes pluies, s’allient pour menacer la cohérence et l’intégrité du tissu urbain et sa relation au bien.

Les trois mosquées sont dans un état stable mais les mausolées ont besoin d’entretien, car fragiles et dans une certaine mesure vulnérables face aux changements irréversibles de climat et du tissu urbain.

Authenticité


Les trois mosquées conservent leur valeur en termes d’architecture, de techniques de construction traditionnelles associées à un entretien courant, et leur usage. Toutefois, la mosquée de Sankoré a perdu une partie de la place publique qui lui était associée à la suite de la construction du nouveau centre Ahmed Baba. Suite à cette édification, son statut dans le contexte urbain et un peu de sa signification ont été compromis et ont besoin d’être révisés et reconsidérés.

Dans l’ensemble, en raison de la menace que constituent les changements fondamentaux pour l’architecture traditionnelle et les tracés de la vieille ville, les mosquées et les mausolées risquent de perdre leur capacité à dominer leur cadre et à s’ériger en tant que témoignages du passé autrefois prestigieux de Tombouctou.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le site de Tombouctou dispose de trois outils de gestion fondamentaux : un Plan de revitalisation et de sauvegarde de la vieille ville (2005) et un Plan stratégique d’assainissement (2005), qui sont en cours d’exécution malgré certaines difficultés ; et un Plan de conservation et de gestion (2006-2010) qui est en cours d’exécution et qui sera réévalué prochainement.

Le système de gestion du bien est globalement approprié car sa protection juridique est conjointement assurée par la communauté de Tombouctou à travers les comités de gestion des mosquées, la Mission culturelle de Tombouctou et le Comité de gestion et de conservation de la vieille ville de Tombouctou. Ce dispositif est renforcé par deux modalités pratiques de fonctionnement, initiées de concert avec le Centre du patrimoine mondial : le Règlement d’urbanisme et le Manuel de conservation.

Les attentes spécifiques à long terme sont les suivantes : extension de la zone tampon sur environ 500 m pour assurer la protection du bien inscrit ; aménagement de la place historique de Sankoré pour intégrer les mesures correctives proposées par le Comité lors de sa 33e session et par la mission de suivi réactif de mars 2010 ; extension du bien inscrit à toute la Médina de Tombouctou ; développement d’un projet intégré de conservation et de gestion durable et harmonieux du site, dans le cadre plus global du développement de la commune urbaine et en étroite collaboration avec les élus des Collectivités Territoriales de Tombouctou et les partenaires du développement ; conservation active des mausolées.

Description longue


Les trois grandes mosquées de Tombouctou, restaurées par l'imam Al-Aqib au XVIe siècle, témoignent de l'âge d'or de la capitale intellectuelle et spirituelle de la fin de la dynastie Askia. Elles ont joué un rôle essentiel dans la diffusion de l'islam en Afrique à une époque ancienne.

On pense que Tombouctou a été fondé vers la fin du Ve siècle de l'hégire par un groupe de Touaregs Imakcharen qui, ayant voyagé sur 250 km au sud de leur base, établirent un camp temporaire gardé par une vieille femme, Bouctou. Peu à peu, Tim-Bouctou (le lieu de Bouctou) devint un petit village sédentaire à la croisée de plusieurs routes commerciales. Très tôt convertie à l'islam (les deux grandes mosquées de Djingareyber et de Sankore ont été construites au cours de la période mandingue), la ville-marché de Tombouctou a atteint son apogée sous la dynastie Askia (1493-1591). Elle devint ensuite un important centre de culture coranique, avec l'université de Sankore et de nombreuses écoles fréquentées, dit-on, par quelque 25 000 élèves. Dans les rues de ce centre intellectuel et religieux, savants, ingénieurs et architectes venus de différentes parties de l'Afrique se mêlaient aux sages et aux marabouts. Très tôt, Tombouctou attira les voyageurs venus de pays lointains.

Bien que les mosquées d'El-Hena, Kalidi et Algoudour Djingareye aient été détruites, trois monuments essentiels - les mosquées de Djingareyber, de Sankore et de Sidi Yahia - témoignent encore aujourd'hui de la grandeur de Tombouctou.

La mosquée de Djingareyber a été construite par le sultan Kankan Moussa après son retour d'un pèlerinage à La Mecque, en 1325. Entre 1570 et 1583, l'imam de Tombouctou, Al-Aqib, la fit reconstruire et agrandir en ajoutant toute sa partie sud et le mur de clôture du cimetière situé à l'ouest. Le minaret central domine la ville ; c'est le principal point de repère dans le paysage urbain actuel. Sur la façade orientale, un minaret moins haut complète le profil de la grande mosquée, qui possède trois cours internes.

Comme la mosquée de Djingareyber, celle de Sankore, construite au cours de la période mandingue, a été restaurée par l'imam Al-Aqib entre 1578 et 1582. Ayant fait démolir le sanctuaire, il le reconstruisit en reproduisant les mesures de la Kabaa à La Mecque, qu'il avait prises lui-même avec une corde au cours de son pèlerinage.

La mosquée de Sidi Yahia, au sud de celle de Sankore, a probablement été construite vers 1400 par le marabout Cheikh El-Moktar Hamalla pour anticiper la venue d'un saint homme qui apparut effectivement 40 ans plus tard en la personne de Cherif Sidi Yahia, qui fut alors choisi comme imam. Elle a été restaurée en 1557-78 par l'imam Al-Aqib. Outre les mosquées, le site classé compte 16 cimetières et mausolées qui étaient des composantes essentielles du système religieux dans la mesure où, selon la croyance populaire, ils étaient le rempart qui protégeait la ville de tous les dangers. Le mausolée le plus ancien est celui de Cheikh Abul Kassim Attouaty, qui mourut en l'an 936 de l'hégire (1529) et fut enterré 150 m à l'ouest de la ville, avec 50 oulémas et saints hommes originaires de Touat. De la même période, les tombeaux du savant Sidi Mahmoudou, qui mourut en 955 de l'hégire, et celui de l'imam Al-Aqib, le restaurateur des mosquées, qui mourut en l'an 991 de l'hégire (1583), présentent également un grand intérêt.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Tombouctou - UNESCO World Heritage Centre

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