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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 11:39

 

 

La légende de Nejma

 

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Il était une fois une famille de pêcheurs, Hamed le père avait trois garçons et une fille.

Depuis leur tendre enfance, ils vécurent au gré des vagues et des marées : le vent était leur complice et à chaque fois qu’ils appareillaient sur leur frêle esquif, le vent gonflait  leurs voiles et les guidait vers des pêches miraculeuses.

Le temps s’écoulait, doucement, avec les tracas et les joies de la vie : Hamed avait un seul  souhait, voir grandir ses enfants dans le bonheur.

Chaque fois qu’il en avait l’occasion, il errait seul, le long de la plage, savourant la marée basse ramassant ça et là, un fruit que la mer souvent, vous offrait, faisant de leur repas frugal, un met royal.

Il s’oubliait dans ses rêves, et quelquefois, il se trouvait surpris par la montée brutale de la marée, où se faisait appeler par Nejma sa fille.

Sa fille grandissait à vue d’œil, elle avait cette beauté sauvage, qui variait comme la mer : de la limpidité et tranquillité suave à la tempête qui faisait de ses yeux une source d’éclairs et de foudre qui faisait d’elle un être à part.

Quel pêcheur pouvait conquérir, une telle créature ?

Qui pouvait dompter la lueur de ses yeux ?

Mais Hamed se disait que Dieu y pourvoira, et  la vie  continue entre joies et tristesse, dans une lutte avec  la mer  qui souveraine leur donnait la vie et  pouvait à n’importe quelle vague la leur ôter.

Nejma, allait sur sa  seizième année, ses formes s’affirment de plus en plus, et il devient urgent de lui trouver un mari.

Il passa en revue les jeunes du village dans sa tête, aucun – se dit-il- ne méritait de la mettre dans son lit.

Ils étaient certes vigoureux, travailleurs, mais Nejma est une princesse, sa princesse.

Il n’imaginait pas un instant, ces mains burinés par les travaux de la mer, le trait des filets de pêche, caresser cette peau laiteuse et rose, cette chevelure d’or et de lumière, ce cou gracile et long de gazelle. Non jamais, il ne consentirait à un tel outrage, même Dieu ne le bénirait pas.

Nejma tardait souvent sur la plage déserte, laissant libre court à ses  rêves, oubliant le temps,  en symbiose avec  la mer

 

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Un soir de brise fraiche, elle entendit des clapotis et une voix harmonieuse venant  du large.

Elle pensa cela l’œuvre de son imagination, elle scruta l’horizon cherchant une barque qui pouvait être la source de cette musique.

Mais la musique était tellement belle qu’elle pénètre l’âme. Ses percussions se confondaient avec les battements de son cœur.

 

Son corps s’alanguit et elle se laissa aller, comme droguée devant cette onde qui prenait possession de son âme et bientôt de son corps : elle était comme possédée par un pouvoir supérieur  à sa volonté. Elle se laissa aller alanguie, dans un état second, bercée jusqu’au fond de son être par une mélodie magique.

Plus tard, elle s’éveilla toute tremblante, émue, elle se dépêcha de rentrer à la maison et se coucha sans diner, désemparée par cette force qui pendant un moment, lui fit perdre son être.

Elle pensa oublier ce qui lui est arrivé, bien que des sensations inconnues soient nées dans son corps.

Sont ce, ce que sa mère, lui avait toujours prédit, ma fille, lui disait elle, tu es une femme, maintenant et tes sensations vont se décupler, tu n’es plus un enfant.

Elle s’endormait difficilement, tout en se promettant de revenir au même endroit le lendemain.

Elle passa la journée, absente, vaquant à ses travaux comme un robot, sans volonté, attendant ardemment la fin du jour, surveillant le parcours du soleil dans le ciel.

Au crépuscule elle se dirigea vers la plage, souhaitant retrouver ses sensations inconnues.

Peu à peu la nature se figea, laissant place à un silence lourd, puis un  bruit d’un clapotis se développa laissant peu à peu la place à un son harmonieux et comme la veille.

Et comme la veille,  alanguie, elle se laissa pénétrer par cette onde indéfinissable  et inconnue, sans défense, elle subissait les assauts d’une force invisible, qui la posséda de plus en plus et enfin consentante, elle voyagea dans un monde  inconnu qui n’est perceptible que par ses effets sur son âme, son cœur et son corps.  

Ce soir là, plus personne ne pourra plus jamais la détacher  de ce plaisir, alanguie, haletante,  les yeux révulsés, elle scrutait les profondeurs de la nuit vers la mer, attendant une invitation à rejoindre ce maître de plaisir, cet amant invisible.

Plus tard, beaucoup plus tard, sa mère envoya son frère la rechercher.

Elle était absente, pas possédée, mais comme si son entourage lui importait peu.

On mit cela sur le compte d’une mauvaise fièvre, et on ne s’inquiéta pas plus.

Nejma, dépérissait à vue d’œil, plus rien ne l’intéressait.

Son regard était souvent braqué sur la mer, semblant attendre quelqu’un.

Sa famille s’en inquiéta, mais rien n’y fit.

Mais un soir, elle décida de rejoindre son amant et on ne la revit plus.

 

Depuis ce soir  là, il n’y eut plus de marée à partir de cet  endroit.

Tout le village, attendait chaque soir en vain, que les marées reviennent.

 

On raconta plus tard cette légende et  de temps en temps tard dans la nuit, dans le murmure   des vagues, une musique langoureuse que seuls les « êtres élus» peuvent entendre, se mêlait au bruit des vagues, comme si celle-ci la rythmait .

 

M.Sediri

  

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