guide-michelin-france-2009 Le guide Michelin 2010 paraît lundi

Le guide Michelin 2010, guide gastronomique français le plus vendu au monde et terreur des grands cuisiniers, publie lundi sa 101e édition France, sur fond de crise et de retour aux produits de terroir.

Car, même au sommet de leur art et excepté dans certains palaces, beaucoup de chefs sont obligés de réduire, si ce n’est leurs ambitions, au moins leurs tarifs.

“Nombre de restaurants qui concourent souffrent beaucoup, avec une clientèle de proximité. Une fois les comptes faits, ils se versent un salaire d’à peine 900 ou 1.000 euros par mois”, souligne un célèbre critique gastronomique.

Et crise oblige, même si les meilleurs plats ont de tous temps été faits avec les meilleurs produits, la tendance est celle d’un retour au terroir.

Décrivant les tendances de la cuisine mondiale, le patron du célèbre guide rouge, Jean-Luc Naret, parle lui-même d’un retour “aux produits de saison”, “au menu unique” et de restaurants qui doivent, face à la crise, “se réinventer un nouveau style de cuisine”.

Crise ou pas, avec plus d’un siècle d’expérience, le guide rouge reste le plus vendu au monde :

380.000 exemplaires en France et 1,2 million dans le monde, 25 éditions pour 23 pays et 2.248 étoiles distribuées en 2010.

guide-michelin-20091 Le guide Michelin 2010 paraît lundi

Les éditions internationales (Etats-Unis, Europe, Asie) s’échelonnent chaque année d’octobre à mars.

Attendu par la presse autant que par les grands chefs, le guide Michelin reste indétrônable malgré les critiques qui pleuvent régulièrement sur lui : “opportunisme marketing”, “critères de sélection opaques”, “grille de lecture qui ne correspond plus à la diversité des établissements et à l’explosion des tables atypiques”, vision trop “franco-centrée” et “gastronomiquement correcte” estompant les cuisines étrangères, les bistrotiers, assènent les plus virulents.

“Ce n’est pas un guide d’humeur”, se défend M. Naret qui souligne le “professionnalisme” et l’”impartialité” de ses inspecteurs (90 dans le monde, 15 en France).

Le guide rouge récompense les meilleures tables, un peu plus de 500 au total en France, d’une, deux ou trois étoiles.

Cette dernière distinction représente le summum de la consécration et les chefs tremblent autant à l’idée de gagner que de perdre ce saint Graal qui classe l’établissement parmi les 26 meilleurs restaurants de l’hexagone et les 80 du monde.

A quelques jours du verdict 2010, journaux et cuisines bruissent de rumeurs, l’Auberge du Vieux Puits, située dans un village des Corbières, semblant partir favorite pour obtenir une troisième étoile.

Son chef Gilles Goujon, meilleur ouvrier de France, dit pratiquer une cuisine “axée sur le produit, légère et inventive” à Fontjoncouse, petit village situé près de Narbonne, où il est installé depuis 1992.

A Paris, de nombreux cuisiniers croient savoir que le Yam’tcha, ouvert depuis à peine un an, et dont la jeune chef Adeline Grattard propose une cuisine inspirée par la Chine et servie avec des thés, obtiendrait sa première étoile.

Et La Bigarrade, du chef Christophe Pelé, obtiendrait sa deuxième, selon ces sources.

Par ailleurs, selon le critique François Simon du Figaro, Olivier Roellinger se verrait décerner une étoile pour son Château Richeux, près de Cancale.

Après avoir renoncé à son restaurant trois étoiles fin 2008, la carte de ce restaurant simple s’était enrichie de plusieurs plats phares du chef breton, dont le célèbre “Saint Pierre retour des Indes”.

Deux autres établissements obtiendraient une deuxième étoile: le Saquana à Honfleur, du chef Alexandre Bourdas (ancien second de Michel Bras et pâtissier de formation), ainsi que l’Auberge des Glazicks d’Olivier Bellin à Plomodiern (Finistère).

michelinguide2009 Le guide Michelin 2010 paraît lundi