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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 18:16

 

 

Ils étaient jeunes, vigoureux, et puis l’injure du temps les a rattrapés…les vieux de la ville.

Si vous allez chez les vendeurs de légumes, vous rencontrez souvent des messieurs,  âgés, humbles, qui semblent s’excuser d’être encore là.

C’est ceux là qui laissent leur tour à ces dames conquérantes de Mutuelleville et des Manazeh.

Ils ont  en général du temps devant eux, alors ils essayent d’allonger leurs courses, pêchant çà et là, un regard, une parole ou l’amorce d’une conversation banale : il fait chaud pour la saison, la pluie tarde,  en se rappelant le bon vieux temps où les ainés étaient respectés sinon adulés.

 

 

Et puis ils retombent dans leur solitude,  faite de courses chez l’épicier, la queue chez le boulanger et de temps en temps une visite à leur banque, captant les regards indifférents de gens affairés, importants par leur ton incisif dans leur téléphone portables donnant l’impression que la vie se passe ailleurs, dans une autre dimension.

On les reconnait à leur voiture, quand ils en possèdent une, la vieille Mercédès, passée de mode depuis bien longtemps, les 106 biens briqués.

Ils la garent bien loin pour ne pas déranger ces 4x4 portant la dernière immatriculation, conduites par des fausses blondes, encore toutes  chaudes sorties de chez l’esthéticienne ou la coiffeuse.

Brel disait :

Les vieux ne parlent plus ou alors seulement parfois du bout des yeux
Même riches ils sont pauvres, ils n'ont plus d'illusions et n'ont qu'un cœur pour deux
Chez eux ça sent le thym, le propre, la lavande et le verbe d'antan.

 

Même quand leur regard est accroché par une belle créature, ils le détournent promptement semblant s’excuser d'apprécier encore la vie.

 

Leur retraite est venue trop rapidement , sans crier gare,  après une vie de rancœur inassouvie, des brimades quotidiennes, des conditions inadaptés  à la course du temps.

Et du jour au lendemain, ils deviennent plus inutiles encore que lors de leur période active.

A quoi peut penser un retraité moyen dans ce pays, au dernier film, à la dernière pièce de théâtre qui se joue en ville.

Que nenni, c’est la facture d’électricité, celle de l’eau, de la flambée des prix, de sa visite au médecin, des remboursements éventuels de la CNAM  et surtout de l’argent de poche des  rejetons,  qui bien qu’adultes et diplômés  sont en quête d’emploi car, ils ne sont pas chômeurs,  puisqu’ils n’ont jamais travaillé.

Alors, si vous voyez un de ces condamnés, souriez lui, parlez lui de la météo, car vous aussi, un jour, vous serez vieux….et la  jeunesse ne dure que ce durent  les roses, l’espace d'une  illusion…..

 

(article publié en 10/2010 sur ce blog)

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 07:15

 

La fermeture du club Med de Hammamet n'est pas due entièrement à la conjoncture, puisque une douzaine de clubs de ce type, à travers le monde étaient programmés à la fermeture. 

 

En effet le Club Med a décidé de changer le standing de ses unités et de ne garder que les plus luxueux.


Ceci nous améne à examiner les tendances des hôtels actuellement qui s'orientent vers le luxe car les désirs des consommateurs qui ont considérablement évolués. 

Un très bel article de "veille tourisme" qui en donne les contours, il est à méditer .

Source : http://veilletourisme.ca/2012/09/17/quelques-tendances-touristiques-selon-trendwatching/

Quelques tendances touristiques selon Trendwatching


Un voyageur de plus en plus branché et informé, qui recherche la commodité et des produits adaptés à ses besoins, qui se crée lui-même sa définition du luxe, voilà quelques-unes des tendances qui façonnent l’industrie du tourisme. Comment l’industrie s’est-elle adaptée afin de répondre au comportement actuel du consommateur? Tirées du rapport annuel 2012 de la firme Trendwatching, nous vous présentons ici cinq des tendances les plus prometteuses.

Adapter son produit pour mieux répondre aux besoins (tribefacturing)

Les voyageurs cherchent à vivre des expériences uniques et le plus près possibles de leurs besoins. Selon la tendance du tribefacturing, les entreprises touristiques modifient leurs offres ou ajoutent des services pour combler un segment de clientèle aux besoins spécifiques  . De nombreuses initiatives vous ont été dévoilées au cours des dernières années par le Réseau de veille appuyant cette tendance. En 2012, celle-ci se poursuit de plus belle et les exemples se multiplient en ce sens.

Au Bella Sky Hotel de Copenhague, un étage complet de chambres est réservé aux femmes. Ainsi les chambres de cet étage sont décorées dans une ambiance très féminine. Plantes et fleurs fraîches, magazines de mode, minibar avec smoothies, champagne et chocolat, cintres supplémentaires, miroir à cosmétiques, produits de beauté exclusifs, grandes serviettes de bain, peignoir et pantoufles, bref, plusieurs petites attentions ont été instaurées pour le pur plaisir de mesdames. Dans cet exemple, la stratégie d’adaptation du produit a été particulièrement bien appliquée par l’hôtel  .


Source: Bella Sky Comwell

 

Le concept des microhôtels dans les aéroports suit également cette tendance. Instaurées dans plusieurs villes à travers le monde, ces petites capsules ont été créées afin de répondre à une clientèle de voyageurs qui souhaite se reposer entre deux vols, à l’abri des sons et sans devoir quitter l’aéroport. À Munich, les Napcabs proposent de petites cabines autonomes de 4 mètres carrés qui incluent un espace de bureau, un lit, l’accès Internet et un téléviseur. Les clients paient selon un tarif horaire  .


Source: The Z hotels

Luxezvous (Luxyoury)

Selon cette tendance forte, le luxe est toujours au rendez-vous, mais sous une toute autre forme. Autrefois, il était synonyme de ce qui était grandiose, imposant, cher et rare, mais aujourd’hui chaque consommateur lui confère un sens différent et crée sa propre définition. Le luxe sert à se différencier de la masse. À la recherche de cette trouvaille unique que tout le monde souhaiterait avoir, ou de cette expérience inusitée et exclusive, le consommateur d’aujourd’hui est plutôt intéressé par le statut conféré par le luxe.

Avec son menu «bain de champagne», le Cadogan hotel de Londres vise à faire vivre une expérience de luxe hors de l’ordinaire. Spécialement conçu pour la Saint-Valentin, le concept propose à la clientèle de se baigner dans 84 litres de champagne, soit l’équivalent de 120 bouteilles.

Mais le luxe se veut aussi beaucoup plus accessible et celui-ci n’a pas besoin d’être livré à grande dose pour appuyer la tendance. L’émergence des hôtels à petits budgets qui offrent des produits ou des services plus luxueux que ceux des hôtels budgets standards en est un bon exemple. À Londres, la chaîne Z Hotels se positionne dans l’offre de chambre de qualité à bas prix. Toutes ses chambres sont dotées d’un téléviseur HD, de stations de recharge pour iPod, d’un accès Internet, de même que de produits de toilette de marques réputées, le tout dans un environnement moderne et très tendance. Tout comme ses chambres, le site Web de la chaîne hôtelière laisse croire à une chaîne d’hôtels de luxe  .

La commodité plus que jamais (convenience)

Cette tendance existe depuis très longtemps, mais ne semble pas vouloir s’essouffler. Les innovations se poursuivent afin de rendre la vie du consommateur de plus en plus simple et facile. Selon Trendwatching, la commodité est une condition très importante pour de nombreux consommateurs, et les entreprises qui accorderont aux gens leur bien le plus précieux, le temps, y gagneront beaucoup.

À Squaw Valley en Californie, de nouvelles succursales de la chaîne Starbucks offrent le service de type ski-in/ski-out, permettant aux skieurs de commander sans devoir enlever leur équipement de sport.

Source: Youtube – Squaw Valley Visitor Channel


Le pouvoir du savoir (Info Scarcity)

Plus que jamais les voyageurs cherchent à se tenir informés, et ce, à chacune des étapes de leur voyage. Dans l’abondance actuelle des renseignements disponibles, non seulement ceux-ci ne sont pas toujours pertinents, mais le voyageur peut se perdre dans cette marée de données. C’est pourquoi il est à la recherche d’outils qui lui offriront du contenu pratique, personnalisé et en temps réel, qui l’aideront à la prise de décision et qui contribueront à parfaire son expérience touristique.

PadInTheCity est une entreprise de Madrid qui offre la possibilité aux touristes de louer des iPads lors de leur passage dans la ville. L’appareil est muni d’applications diverses qui facilitent les séjours touristiques et qui offrent une panoplie de renseignements utiles pour le visiteur en plus de lui donner accès en tout temps au réseau 3G: GPS, cartes de métro, cartes routières, traducteur, information touristique, audioguides pour certains musées, numéros d’urgences, jeux pour enfants.

Hostels Now est une application qui utilise le concept de réalité augmentée pour aider le voyageur à trouver des hôtels à l’aide de la caméra de son téléphone intelligent. L’application offre également des renseignements sur les distances à parcourir, la disponibilité, les prix, les avis de clients, en plus d’offrir la possibilité de réserver directement.

De plus en plus (dé)branché (Off = On)

Le consommateur passe de plus en plus de temps connecté et les outils et activités en ligne façonnent l’offre touristique. De l’Internet à la réalité augmentée, les nouvelles technologies fusionnent de plus en plus le ‘en ligne’ avec le ‘hors ligne’, en veillant à ce que les consommateurs ne soient jamais totalement déconnectés.

C’est d’ailleurs le cas au Ushuaia Beach Hotel d’Ibiza où la clientèle demeure connectée en permanence au réseau social Facebook grâce à la technologie RFID (Radio Frequency Identification). À l’aide d’un simple bracelet et de bornes interactives installées sur le site de l’hôtel, le visiteur est automatiquement connecté à son compte de façon à pouvoir partager son expérience en temps réel. Ces bornes lui permettent de prendre des photos, d’enregistrer sa localisation ou d’aimer les publications proposées par l’hôtel.

Source: YouTube : Ushaïa Beach Hotel

 

Comment s’adapter à un consommateur de plus en plus exigent et changeant?

Votre produit répond-t-il adéquatement aux attentes actuelles? Tenez-vous informé, puisque le pouvoir du savoir, c’est très tendance!

 

 

Sources :

- Trendwatching.com. «2012 Travel Industry Report».

- Gargiulo, Susanne. «Women-only hotel floors tap boom in female business travel», Cnn.com, 20 mars 2012.

- «Pay as you go : Micro-Hotel segment in airports growths», Tourism-review.com, 7 février 2012.

- Biemann, Cecilia. «Ski-in/ski-out Starbucks brings takeaway coffee to the slopes», Springwise.com, 22 février 2012.

 

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 10:27
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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 09:40

 

Mon jardin est triste.


J’ai arraché mes jasmins, fleurs livides dont le parfum à la longue  a muté et me rappelle  celui des  chrysanthèmes

Je n’aime plus le jasmin…

Longtemps trompé par son parfum suave qui s’imprègne dans mes gènes, par sa couleur, il se dissimule dans la chaux de mes murs.

Il était devenu à travers le temps le compagnon de mes moments de bonheur, le confident de mes soupirs, le complice de mes fantasmes jusqu'à devenir le fantasme !!

Pourquoi, m’a-t-il trompé après tant de proximité ?


Mais que planterais-je dans mon jardin dévasté.

Des roses !!

Tous les poètes ont chanté les roses, mais qui n'a pas été piqué sournoisement par cette fleur?

Et puis cette fleur est éphémère, elle ne vit que ce que vivent les roses, l'espace d'un matin, et Malherbes ne me démentirait pas.


Echaudé, par mon expérience avec le jasmin, je consulte et cherche la fleur campagne de mes vieux jours.


La figue de barbarie s’imposa alors à mes pensées, car ses épines ne sont pas dissimulées, son parfum humble, n’attire que ceux qui lui sont fidéles.


SAADI dans son Gullistan " jardin des roses" ne connaissait pas la figue de barbarie car il aurait sûrement apprécié son éternel défi : tu aimes donc tu dois souffrir.

 

 

http://image-photos.linternaute.com/image_photo/640/1809799225/1621181.jpg


La figue de barbarie est à l'image de ses  amants: il faut la cueillir à travers les épines, éviter ses piquants, la dévêtir de son manteau rugueux mais après ........quel régal ....... il faut la mériter.

 

Mais mon jardin sera-il moins triste ??


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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 13:01
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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 19:03

 

Avertissement : Gentes dames et nobles Messieurs, ce qui va suivre n’est qu’une peinture d’une vie imaginaire  que personne n’a souhaité vivre, dans une ville de rêve dont personne  n’a choisi d’y  séjourner, avec des gens charmants que personne n’a choisi de côtoyer…

 

 

 

Encore un dimanche de m….


C’était un dimanche, une des journées les moins supportables de la semaine.

La journée commence par les courses et le café avec les amis, l’ennui étant plus supportable à plusieurs

Dans le quartier où j’habite, existe un petit supermarché, où les habitués se rencontrent sans se connaitre.

On commence par les clients du matin : les vieux retraités et les ménagères.

Les uns viennent par délivrance de la nuit, longue, sans fin pour ceux que le sommeil a quitté depuis longtemps.

Chaque matin est  pour eux une renaissance avec son lever du soleil et puis…son  nouveau journal.

Ils sont là, les premiers, rasés de prés, astiqués, les vêtements immaculés, comme s’ils devaient, enfin, avoir une journée différente de celle qu’ils ont vécus, hier,  dans cette vie d’inactivité, d’inutilité : l’antichambre de la mort.

Certes les nouvelles sont les mêmes que la veille sauf pour la rubrique décès, en fait, ce sont  les seules nouvelles quasi-réelles et vérifiables que l’on peut croire sans difficulté, d’ailleurs elles ne sont jamais sur Facebook, ce qui accrédite leur sérieux.

Qui achèterait « La Presse » si on enlevait cette rubrique, car ce journal a survécu depuis sa naissance grâce aux morts de la veille, car pour le reste la télé est plus rapide.

Et puis, on se  sent encore plus vivant, lorsqu’on apprend la mort d’un plus vieux que soi, plus malade, ou plus malchanceux…

La deuxième catégorie est celle des ménagères, qui pense que plus tôt les courses faites, il y a plus de fraicheur dans les achats de légumes et moins de monde à la caisse.

 

Puis vient l’heure fatidique, midi : l’heure du vice.


Dans l’ancien temps, c’est  à cette heure que les préparatifs pour aller au stade battaient leur plein, mais depuis que le citoyen a acquis sa dignité d’homme libre, le football se joue devant des gradins vides et la passion changea d’objectif.

Une bonne partie des officianados, avança l’heure de l’apéro pour aller embrasser les goulots des « Celtias » , dans un des bars borgnes de la capitale, avec pour kémia des fèves au cumin  .

 

Attablé  devant une forêt de bouteilles vides, l’œil  morne, le front plissé, le visage buriné par la fatigue, la chaleur moite et les dégâts du temps, l’homme se sent  proche de ses amis de beuverie par  la convivialité que procure l’alcool en ce moment précis, car Il préfère supporter les bordées d’injures, le brouhaha sourd du bar, les senteurs dégagés par la sueur  et  la cigarette et si par malchance, il est  placé  sur les chemins des toilettes,  les relents d’ammoniac naturel qui s’en dégage,  que  rencontrer sa belle mère en visite à la maison, ou supporter les ronchonnades de sa femme et de sa progéniture.


D’autres, plus frimeurs se refugient dans les restaurants où il fait bien d’être vu, commandant les vins les plus fins, du moins sur les étiquettes, et faisant semblant d’apprécier  des pâtes, gluantes,  aux  fruits de mer   et du poisson d’élevage,  facturés quelquefois au   SMIG local, s’évertuant dans la plupart du temps, à confirmer « de source sûre » telle ou telle nouvelle sur la situation politique du pays, avec des « ya qu’a.. », à n’en plus finir.

Et en partant, ils  distribuent  des pourboires faramineux, pour être  bien reçu la fois suivante comme un habitué de la maison.


Mais ce jour là, une lassitude particulière plombait mes jambes, l’ami avec lequel, je supportais mon ennui, se lassa de mes hésitations et me laissa seul, face à mon désarroi hebdomadaire.

Le football n’ayant jamais été ma tasse de thé, je me refugiais naguère dans de longues ballades dans les campagnes, me prenant pour un photographe.

Cette distraction devenue sport extrême actuellement,  de peur des braquages et de l’insécurité réelle ou supposée, et en plus, il faut chercher longtemps pour trouver un paysage sans  un monticule d’ordures  ou des sacs en plastique pendus aux arbres.

....Et maintenant que vais-je faire, comme disait Aznavour, de tout ce temps que sera ….mon dimanche.

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Published by mon - dans Humeurs
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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 09:58
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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 09:11
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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 12:21

Un des joyaux du patrimoine mondial, Tombouctou est protégée par l'UNESCO.
Ci-après, l'article publié par l'UNESCO sur son site:

Dotée de la prestigieuse université coranique de Sankoré et d'autres medersa, Tombouctou était aux XVe et XVIe siècles une capitale intellectuelle et spirituelle et un centre de propagation de l'islam en Afrique. Ses trois grandes mosquées (Djingareyber, Sankoré et Sidi Yahia) témoignent de son âge d'or. Bien que restaurés au XVIe siècle, ces monuments sont aujourd'hui menacés par l'avancée du sable.
  Tombouctou © UNESCO

Valeur universelle exceptionnelle


Située aux portes du désert saharien, aux confins de la zone fertile soudanaise et dans un site exceptionnellement propice et proche du fleuve, Tombouctou est l’une des villes d’Afrique dont le nom est le plus chargé d’histoire.

Fondée au Ve siècle, Tombouctou connait son apogée économique et culturel aux XVe et  XVIe siècles. C’était un haut lieu de la diffusion de la culture islamique avec l’université de Sankoré comprenant 180 écoles coraniques et comptant 25 000 étudiants. C’est aussi un carrefour et un véritable lieu de négoce où se négocient les manuscrits et le sel de Teghaza venant du nord, les ventes d’or, de bétail et de céréales provenant du sud.

La mosquée de Djingareyber, dont la construction initiale remonte au sultan Kankan Moussa, revenu en 1325 du pèlerinage à la Mecque, a été reconstruite et agrandie entre 1570 et 1583 par l’Imam Al Aqib, Cadi de Tombouctou qui lui ajouta alors toute la partie sud et le mur d’enceinte du cimetière situé à l’ouest. Le minaret central qui domine la ville constitue un des repères le plus visible du paysage urbain de Tombouctou.

Bâtie au XIVe siècle, la mosquée de Sankoré a été, comme la mosquée de Djingareyber, restaurée par l’Imam Al Aqib entre 1578 et 1582. Il fit démolir le sanctuaire et le reconstruisit en lui donnant les dimensions de la Kaaba de la Mecque.

La mosquée de Sidi Yahia, au sud de la mosquée de Sankoré, aurait été construite vers 1400 par le marabout Cheick El Moktar Hamalla dans l’attente d’un saint qui se manifesta quarante ans plus tard en la personne du chérif Sidi Yahia, qui fut alors désigné comme Imam. La mosquée a été restaurée en 1577-1578 par l’Imam Al Aqib.

Les trois grandes mosquées de Djingareyber, Sankoré et de Sidi Yahia, seize mausolées de saints et les places publiques, témoignent toujours de ce passé prestigieux. Les mosquées sont des exemples exceptionnels de l’architecture de terre et des techniques traditionnelles d’entretien continu.

Critère (ii) : Les mosquées et les lieux saints de Tombouctou ont joué un rôle essentiel dans la diffusion de l’Islam en Afrique à une très haute époque.

Critère (iv) : Les trois grandes mosquées de Tombouctou, restaurées par le Cadi Al Aqib au XVIe siècle, témoignent de l’âge d’or de cette capitale intellectuelle et spirituelle à la fin de la dynastie des Askia.

Critère (v) : Les trois mosquées et les mausolées sont des témoignages exceptionnels de l’établissement urbain de Tombouctou, de son rôle d’important centre commercial, spirituel et culturel aux confins méridionaux de la route commerciale transsaharienne, et de ses techniques de construction traditionnelles caractéristiques. Leur cadre est maintenant rendu très vulnérable face aux changements fondamentaux.

Intégrité


Les trois mosquées et les seize mausolées composants du bien constituent un cliché de l’ancienne grande cité de Tombouctou qui comptait au XVIe siècle 100 000 habitants. Les vestiges du tissu urbain sont essentiels pour leur contexte. Toutefois, comme indiqué au moment de l’inscription du bien, l’urbanisation sauvage qui sévit à Tombouctou, comme à Djenné, menace particulièrement l’architecture, les grandes places publiques et les marchés. Des structures contemporaines ont fait des brèches irrémédiables dans le parcellaire et sont évidemment hors échelle avec les bâtiments traditionnels. Ce processus d’usure se poursuit et très récemment un nouvel institut de grandes dimensions a été construit sur une des places publiques, compromettant l’intégrité de la mosquée de Sankoré. La pression du développement urbain associée au manque d’entretien et aux inondations, résultant des fortes pluies, s’allient pour menacer la cohérence et l’intégrité du tissu urbain et sa relation au bien.

Les trois mosquées sont dans un état stable mais les mausolées ont besoin d’entretien, car fragiles et dans une certaine mesure vulnérables face aux changements irréversibles de climat et du tissu urbain.

Authenticité


Les trois mosquées conservent leur valeur en termes d’architecture, de techniques de construction traditionnelles associées à un entretien courant, et leur usage. Toutefois, la mosquée de Sankoré a perdu une partie de la place publique qui lui était associée à la suite de la construction du nouveau centre Ahmed Baba. Suite à cette édification, son statut dans le contexte urbain et un peu de sa signification ont été compromis et ont besoin d’être révisés et reconsidérés.

Dans l’ensemble, en raison de la menace que constituent les changements fondamentaux pour l’architecture traditionnelle et les tracés de la vieille ville, les mosquées et les mausolées risquent de perdre leur capacité à dominer leur cadre et à s’ériger en tant que témoignages du passé autrefois prestigieux de Tombouctou.

Eléments requis en matière de protection et de gestion

Le site de Tombouctou dispose de trois outils de gestion fondamentaux : un Plan de revitalisation et de sauvegarde de la vieille ville (2005) et un Plan stratégique d’assainissement (2005), qui sont en cours d’exécution malgré certaines difficultés ; et un Plan de conservation et de gestion (2006-2010) qui est en cours d’exécution et qui sera réévalué prochainement.

Le système de gestion du bien est globalement approprié car sa protection juridique est conjointement assurée par la communauté de Tombouctou à travers les comités de gestion des mosquées, la Mission culturelle de Tombouctou et le Comité de gestion et de conservation de la vieille ville de Tombouctou. Ce dispositif est renforcé par deux modalités pratiques de fonctionnement, initiées de concert avec le Centre du patrimoine mondial : le Règlement d’urbanisme et le Manuel de conservation.

Les attentes spécifiques à long terme sont les suivantes : extension de la zone tampon sur environ 500 m pour assurer la protection du bien inscrit ; aménagement de la place historique de Sankoré pour intégrer les mesures correctives proposées par le Comité lors de sa 33e session et par la mission de suivi réactif de mars 2010 ; extension du bien inscrit à toute la Médina de Tombouctou ; développement d’un projet intégré de conservation et de gestion durable et harmonieux du site, dans le cadre plus global du développement de la commune urbaine et en étroite collaboration avec les élus des Collectivités Territoriales de Tombouctou et les partenaires du développement ; conservation active des mausolées.

Description longue


Les trois grandes mosquées de Tombouctou, restaurées par l'imam Al-Aqib au XVIe siècle, témoignent de l'âge d'or de la capitale intellectuelle et spirituelle de la fin de la dynastie Askia. Elles ont joué un rôle essentiel dans la diffusion de l'islam en Afrique à une époque ancienne.

On pense que Tombouctou a été fondé vers la fin du Ve siècle de l'hégire par un groupe de Touaregs Imakcharen qui, ayant voyagé sur 250 km au sud de leur base, établirent un camp temporaire gardé par une vieille femme, Bouctou. Peu à peu, Tim-Bouctou (le lieu de Bouctou) devint un petit village sédentaire à la croisée de plusieurs routes commerciales. Très tôt convertie à l'islam (les deux grandes mosquées de Djingareyber et de Sankore ont été construites au cours de la période mandingue), la ville-marché de Tombouctou a atteint son apogée sous la dynastie Askia (1493-1591). Elle devint ensuite un important centre de culture coranique, avec l'université de Sankore et de nombreuses écoles fréquentées, dit-on, par quelque 25 000 élèves. Dans les rues de ce centre intellectuel et religieux, savants, ingénieurs et architectes venus de différentes parties de l'Afrique se mêlaient aux sages et aux marabouts. Très tôt, Tombouctou attira les voyageurs venus de pays lointains.

Bien que les mosquées d'El-Hena, Kalidi et Algoudour Djingareye aient été détruites, trois monuments essentiels - les mosquées de Djingareyber, de Sankore et de Sidi Yahia - témoignent encore aujourd'hui de la grandeur de Tombouctou.

La mosquée de Djingareyber a été construite par le sultan Kankan Moussa après son retour d'un pèlerinage à La Mecque, en 1325. Entre 1570 et 1583, l'imam de Tombouctou, Al-Aqib, la fit reconstruire et agrandir en ajoutant toute sa partie sud et le mur de clôture du cimetière situé à l'ouest. Le minaret central domine la ville ; c'est le principal point de repère dans le paysage urbain actuel. Sur la façade orientale, un minaret moins haut complète le profil de la grande mosquée, qui possède trois cours internes.

Comme la mosquée de Djingareyber, celle de Sankore, construite au cours de la période mandingue, a été restaurée par l'imam Al-Aqib entre 1578 et 1582. Ayant fait démolir le sanctuaire, il le reconstruisit en reproduisant les mesures de la Kabaa à La Mecque, qu'il avait prises lui-même avec une corde au cours de son pèlerinage.

La mosquée de Sidi Yahia, au sud de celle de Sankore, a probablement été construite vers 1400 par le marabout Cheikh El-Moktar Hamalla pour anticiper la venue d'un saint homme qui apparut effectivement 40 ans plus tard en la personne de Cherif Sidi Yahia, qui fut alors choisi comme imam. Elle a été restaurée en 1557-78 par l'imam Al-Aqib. Outre les mosquées, le site classé compte 16 cimetières et mausolées qui étaient des composantes essentielles du système religieux dans la mesure où, selon la croyance populaire, ils étaient le rempart qui protégeait la ville de tous les dangers. Le mausolée le plus ancien est celui de Cheikh Abul Kassim Attouaty, qui mourut en l'an 936 de l'hégire (1529) et fut enterré 150 m à l'ouest de la ville, avec 50 oulémas et saints hommes originaires de Touat. De la même période, les tombeaux du savant Sidi Mahmoudou, qui mourut en 955 de l'hégire, et celui de l'imam Al-Aqib, le restaurateur des mosquées, qui mourut en l'an 991 de l'hégire (1583), présentent également un grand intérêt.

Source : UNESCO/CLT/WHC
Tombouctou - UNESCO World Heritage Centre
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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 10:15
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