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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 11:39

 

 

La légende de Nejma

 

Photos-0598

 

 

Il était une fois une famille de pêcheurs, Hamed le père avait trois garçons et une fille.

Depuis leur tendre enfance, ils vécurent au gré des vagues et des marées : le vent était leur complice et à chaque fois qu’ils appareillaient sur leur frêle esquif, le vent gonflait  leurs voiles et les guidait vers des pêches miraculeuses.

Le temps s’écoulait, doucement, avec les tracas et les joies de la vie : Hamed avait un seul  souhait, voir grandir ses enfants dans le bonheur.

Chaque fois qu’il en avait l’occasion, il errait seul, le long de la plage, savourant la marée basse ramassant ça et là, un fruit que la mer souvent, vous offrait, faisant de leur repas frugal, un met royal.

Il s’oubliait dans ses rêves, et quelquefois, il se trouvait surpris par la montée brutale de la marée, où se faisait appeler par Nejma sa fille.

Sa fille grandissait à vue d’œil, elle avait cette beauté sauvage, qui variait comme la mer : de la limpidité et tranquillité suave à la tempête qui faisait de ses yeux une source d’éclairs et de foudre qui faisait d’elle un être à part.

Quel pêcheur pouvait conquérir, une telle créature ?

Qui pouvait dompter la lueur de ses yeux ?

Mais Hamed se disait que Dieu y pourvoira, et  la vie  continue entre joies et tristesse, dans une lutte avec  la mer  qui souveraine leur donnait la vie et  pouvait à n’importe quelle vague la leur ôter.

Nejma, allait sur sa  seizième année, ses formes s’affirment de plus en plus, et il devient urgent de lui trouver un mari.

Il passa en revue les jeunes du village dans sa tête, aucun – se dit-il- ne méritait de la mettre dans son lit.

Ils étaient certes vigoureux, travailleurs, mais Nejma est une princesse, sa princesse.

Il n’imaginait pas un instant, ces mains burinés par les travaux de la mer, le trait des filets de pêche, caresser cette peau laiteuse et rose, cette chevelure d’or et de lumière, ce cou gracile et long de gazelle. Non jamais, il ne consentirait à un tel outrage, même Dieu ne le bénirait pas.

Nejma tardait souvent sur la plage déserte, laissant libre court à ses  rêves, oubliant le temps,  en symbiose avec  la mer

 

IM004734.jpg

 

 

Un soir de brise fraiche, elle entendit des clapotis et une voix harmonieuse venant  du large.

Elle pensa cela l’œuvre de son imagination, elle scruta l’horizon cherchant une barque qui pouvait être la source de cette musique.

Mais la musique était tellement belle qu’elle pénètre l’âme. Ses percussions se confondaient avec les battements de son cœur.

 

Son corps s’alanguit et elle se laissa aller, comme droguée devant cette onde qui prenait possession de son âme et bientôt de son corps : elle était comme possédée par un pouvoir supérieur  à sa volonté. Elle se laissa aller alanguie, dans un état second, bercée jusqu’au fond de son être par une mélodie magique.

Plus tard, elle s’éveilla toute tremblante, émue, elle se dépêcha de rentrer à la maison et se coucha sans diner, désemparée par cette force qui pendant un moment, lui fit perdre son être.

Elle pensa oublier ce qui lui est arrivé, bien que des sensations inconnues soient nées dans son corps.

Sont ce, ce que sa mère, lui avait toujours prédit, ma fille, lui disait elle, tu es une femme, maintenant et tes sensations vont se décupler, tu n’es plus un enfant.

Elle s’endormait difficilement, tout en se promettant de revenir au même endroit le lendemain.

Elle passa la journée, absente, vaquant à ses travaux comme un robot, sans volonté, attendant ardemment la fin du jour, surveillant le parcours du soleil dans le ciel.

Au crépuscule elle se dirigea vers la plage, souhaitant retrouver ses sensations inconnues.

Peu à peu la nature se figea, laissant place à un silence lourd, puis un  bruit d’un clapotis se développa laissant peu à peu la place à un son harmonieux et comme la veille.

Et comme la veille,  alanguie, elle se laissa pénétrer par cette onde indéfinissable  et inconnue, sans défense, elle subissait les assauts d’une force invisible, qui la posséda de plus en plus et enfin consentante, elle voyagea dans un monde  inconnu qui n’est perceptible que par ses effets sur son âme, son cœur et son corps.  

Ce soir là, plus personne ne pourra plus jamais la détacher  de ce plaisir, alanguie, haletante,  les yeux révulsés, elle scrutait les profondeurs de la nuit vers la mer, attendant une invitation à rejoindre ce maître de plaisir, cet amant invisible.

Plus tard, beaucoup plus tard, sa mère envoya son frère la rechercher.

Elle était absente, pas possédée, mais comme si son entourage lui importait peu.

On mit cela sur le compte d’une mauvaise fièvre, et on ne s’inquiéta pas plus.

Nejma, dépérissait à vue d’œil, plus rien ne l’intéressait.

Son regard était souvent braqué sur la mer, semblant attendre quelqu’un.

Sa famille s’en inquiéta, mais rien n’y fit.

Mais un soir, elle décida de rejoindre son amant et on ne la revit plus.

 

Depuis ce soir  là, il n’y eut plus de marée à partir de cet  endroit.

Tout le village, attendait chaque soir en vain, que les marées reviennent.

 

On raconta plus tard cette légende et  de temps en temps tard dans la nuit, dans le murmure   des vagues, une musique langoureuse que seuls les « êtres élus» peuvent entendre, se mêlait au bruit des vagues, comme si celle-ci la rythmait .

 

M.Sediri

  

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 10:00
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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 08:15



Côté pratique

L'arbre qui représente la Tunisie  n'est pas le palmier, dussé-je être à contre-courant de la mode actuelle.

Oui, le palmier, image d'Epinal de l'Afrique du nord a plus hanté l'imaginaire des occidentaux que la réalité locale.


Depuis ma tendre enfance, j’ai grandi avec l’eucalyptus.

Arbre dont l’origine les mots grecs est, eu : "bien", et kaluptos : couvert ; quant à son nom vernaculaire d'« arbre à la fièvre », il témoigne de ses puissantes propriétés médicinales.

Je me rappelais ma mère dans les années cinquante, dès qu'il y avait un malade dans la famille, il était d'usage de faire bouillir une décoction de feuilles d'eucalyptus. 

Cette technique d'évaporation permanente est un des meilleurs moyens pour assainir une pièce et protéger l'organisme contre les maladies contagieuses de l'hiver.

Les alentours d’Hammamet en sont pourvues malgré l’hécatombe survenue il y a quelques années pour agrandir la GP1.


Aussi dans cette période d'incertitude médiatique et grippale, je vous convie à vous promener dans l'air purifié de nos contrées et si vous êtes gentils, je vous donnerais au fur et mesure  (ou selon vos demandes) des recettes pour faire la nique à la grippe.


Côté humeurs


Tout enfant je craignais ces arbres, car ils étaient grands et silencieux, et je  n'aimais pas ceux qui se cachaient derrière leurs silences.

La nuit, ils semblaient être doués d'une autre vie, ils communiquaient avec le vent, et  en automne ou en hiver leurs longs ébats, laissaient au petit matin sur  le sol un tapis de feuillage pareil aux restes de libations ou à des traces d'une mue.


Ils étaient majestueux, témoins,  à travers le temps des passions, des hommes, de leurs veuleries, avec un zeste de malice semblant murmurer : Ah!! s'ils savaient.

S'ils s'avaient ce que les hommes sont versatiles.

S'ils s'avaient ce que les hommes sont petits.

S'ils s'avaient ce que le temps est immense.

S'ils s'avaient ce que leur vie est dérisoire

Et quelquefois, on pouvait  entendre au cœur de la nuit le même leitmotiv qui revient : S'ils s'avaient, s'ils s'avaient, s'ils s'avaient....


Alors, vous même, quand,  dans la nuit venteuse de vos contrées, lorsque vous entendrez le froufroutement des feuilles,  ne pensez jamais que c’est un bruit innocent et si, par chance, vous essayez de déchiffrer ce que les arbres se racontent, leurs litanies vous dévoileront peut être des prédictions ou des témoignages venus du fond des temps.( Extrait de textes personnels)

 

Article repris, publié il y a qques temps dans ce blog

 

 



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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 17:56

 

Profitez du meilleur de Paris Haute Couture Fashion Week Automne / Hiver 2013/14.

Regardez les meilleurs défilés de mode de Paris.


Giambattista Valli
Dior
Stéphane Rolland
Maison Martin Margiela
Elie Saab
Schiaparelly by Christian Lacroix
Iris van Herpen
Yanina
Viktor & Rolf
Alexandre Vauthier
Alexis Mabille
Valentino
Jean-Paul Gaultier

30 minutes de nouvelles tendances de la mode de la capitale de la haute couture.


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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 11:13

 

lemule1

 

 

Chaque année à la même époque, un poisson extraordinaire par le goût et la fraicheur pointe du nez : c'est le mulet au point jaune.

Véritable institution chez les connaisseurs, que ce soit à Mahdia, Chebba ou autre Bibane à Zarzis, ce poisson ne pointe son nez qu'en automne, vers le mois d'octobre.

Il est reconnaissable par le point jaune, qui le distingue par rapport au mulet classique, qu'on trouve abondamment le reste de l'année.

Il est appelé «Mujil», chez les Mahdois, «Mila», pour les habitants de Salakta et «Ktoubri» pour ceux de la capitale, en référence au mois d’octobre, période de transhumance et d’amour pour ce poisson. 

 

 

 

 

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Pour que ce soit un vrai régal, il suffit de le griller sur un feu de bois ou de charbon car il perd son goût royal à la cuisson.

 

Si vous êtes du côté de la Tunisie, réservez votre table dans un restaurant en insistant si "le mujil " ou "mila" fait partie de son menu, sinon recommandez lui de vous en chercher chez la poissonnier.

Pour le reste du repas, privilégiez un accompagnement sans trop d'épices, car le goût de ce poisson grillé nature, sans l'abominable cumin, vous donnera une véritable symphonie gustative.

(Reprise d'un de mes anciens post de 2010)

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 13:20
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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 20:00

 

Il y avait presque quatre ans, j'avais publié un article  sur la GP1 vers Hammamet et j'ai publié des photos nostalgiques, je suis repassé cet après-midi et j'ai décidé de ne pas montrer les photos de ce qu'est devenu l'environnement de cette route, que j'avais appelé pompeusement, la route 66 de la Tunisie : gravats, ordures , manque d'entretien des rares constructions d'une autre époque que j'avais montré en photos.

C'est pour cela, je suis triste : quelle est la malédiction qui nous rend insensible à la laideur.

Serait ce notre destin de voir la déliquescence de ce qui a fait le bonheur de notre enfance.

 

-_-_-_-_-_-__-_-_-_-_-__-_

 

 

Pour ceux qui ont connu la GP1, de  Tunis, on traversait tout la Tunisie.
Chaque borne kilométrique, chaque village avait son charme, c'etait notre route 66.
En allant à Hammamet, sortez à Turki, car bien qu'en évitant Grombalia, qui vaut un voyage à elle seule, vous verrez une nature que le temps et le modernisme n'ont pas atteint.




Une décision incompréhensible à massacré les eucalyptus, sur des kilométres, ceux çi, en vrais combattants de ce pays, donnent une leçon de vie  à tout le monde, car ils renaissent de leurs cendres pour aller vers le haut.




Une gare que Sergio Léone aurait aimé filmer, nostalgique, belle, donnant une leçon de modestie à toutes autres gares travesties et défigurées par le marbre et la menuiserie aluminium.





Une belle école, qui a rendu sûrement beaucoup de service pour que le savoir soit une tradition dans ce pays .




 

Souk hebdomadaire de Bouargoub.




Notre route 66, belle, tranquille, aucun âne ne la traverse, preférant les blogs pittoresques d'orientalistes en mal d'images d'épinal.On en retrouve cependant quelques uns conduisant des camionnettes.




Trés loin, le reste de la villa, que les Italiens de tunisie ont construit à leur Duce, en prévision d'une colonisation Italienne pendant la deuxiéme guerre mondiale.
L'histoire a montré que les invasions les plus réussies viennent avec les belles femmes et non avec les armées ( là , je n'ai pas de photos illustratives, mais venez sur les plages en été pour vérifier......
)

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 14:03

 

 

 

 

Le 14 Aout 1606, forts d'une attaque réussie contre Hammamet trois ans plus tôt, les chevaliers de Malte décidèrent d'attaquer de nouveau cette ville . Ils furent trop confiants et subirent une déculottée mémorable.

En effet, Don juan de Padilla, gouverneur de Castille, eut la mauvaise idée de conduire une flotte composée de quatre galères de Malte et six de Sicile.

Ils arrivèrent, ce jour là , à l'aube, à quelques kilomètres de " la mahomette" (Les occidentaux de l'époque appelaient ainsi Hammamet).

Les troupes débarquèrent et se dirigèrent vers le fort, les échelles furent dressées, les murailles franchies, les gardes tués et le village envahi  par les troupes.

Surprise, personne n'était au rendez vous car les habitants s'étaient refugiés dans les silos.

Quelques prisonniers et une quantité de blé sont pris et le gouverneur castillan donna l'ordre de les embarquer.

Deuxième surprise, les Hammametois armés sortirent des silos, armés, ils montèrent sur les murailles et encerclèrent les  envahisseurs.

Ceux ci fuirent sur la plage dans un grand désordre, poursuivis par les habitants et des cavaliers arrivés entretemps et une tuerie mémorable eut lieu sur  la plage.

Mais comme un malheur ne vient jamais seul, le climat se mit de la partie et une tempête mis en perdition la petite flotte l'empêchant de secourir les envahisseurs. (Comme quoi et depuis, la météo, que je sors régulièrement sur mon blog sert à quelque chose).

Imaginez les chevaliers, harnachés de leurs chemises de maille pesant une quinzaine de kilos chacune, essayant de battre un record de natation, pour arriver à leur bateaux et ceci dans une mer démontée.


Don juan de Padilla , fut abandonné dans le "sauve qui peut" et se noya. Son corps fut repêché et envoyé en Sicile.

Le bilan fut lourd : 500 chrétiens des galères de Sicile, et soixante dix  chevaliers de Malte et ce, pour une visite de  trois heures et une croisiére ayant pour but le butin de guerre.

Ainsi en partant, ils étaient plus de huit cent personnes, au retour il ne resta que soixante douze personnes.

Le désastre fut tellement mal ressenti, qu'en on garda des traces au consulat Français.

 

Ce que je retiens de l'histoire, quelques années après, c'est comment cette population si pacifique, et si accueillante, a pu mettre en fuite une des plus agressive force guerrière du moyen âge où ses massacres à St Jean d'Acre (associée à Richard coeur de Lion), en Palestine, illustre l'horreur de la guerre et celle des croisades.

Dire que l'homme a la mémoire courte est un doux euphémisme


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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 11:34
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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 09:19
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