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Le tourisme tunisien aux yeux d’un expert américain

Laurence Michalak Laurence Michalak, de l’université de Berkley, USA, a suivi l’évolution du tourisme tunisien pendant 45 ans. Un secteur qui se développe sensiblement, à ses yeux, et qui véhicule des représentativités socio-culturelles, elles-mêmes, en évolution. Laurence Michalak a analysé le tourisme sous son angle anthropologique. Pourquoi les gens se déplacent-ils ?, s’interroge-t-il. "Pour faire mieux que le voisin. Le fait de partir en vacances, alors que le voisin reste sur place, confère un sentiment de satisfaction et de contentement", note-il lors du colloque sur "tourisme méditerranéen et crise mondiale", qui clôt ses travaux aujourd’hui à Tunis. A l’heure du post-modernisme, le tourisme manque toutefois d’authenticité. Les touristes n’ont pas souvent de contacts avec les gens du pays, excepté les serveurs d’hôtels. Ils ont ainsi une idée tronquée du pays visité, en ce sens qu’ils séjournent dans les stations balnéaires. "Au lieu de partir à la Médina de Tunis, on part à Yasmine Hammamet et on ne visite que la Médina de Yasmine Hammamet. Quand on va à Tozeur, on va à Dar Chraït, et c’est là une certaine idée de la Tunisie qu’on veut vendre aux touristes", soutient-il. Brick à l'oeuf, l'une des spécialités culinaires de la Tunisie. Pour Laurence Michalak, l’authenticité consiste à éviter les simulacres, en allant à la rencontre de l’autre, car en rencontrant l’autre, on se définit soi-même. La Tunisie authentique, selon sa perception, "est celle de la tête d’agneau au four, et du brick à l’œuf". L’universitaire américain récuse la thèse qui atteste de la vocation néocoloniale du tourisme. "Dans l’imaginaire collectif, on demeure persuadé que ce sont les gens du tiers monde qui reçoivent des touristes, et non le contraire. Mais, ceci est loin d’être vrai. Pour preuve, la France est le premier pays touristique, talonnée par les EU". L. Michalak s’est construit une idée sur le tourisme tunisien en se rendant sur le terrain. Mais, pas seulement. L’universitaire américain a suivi assidument les médias tunisiens, où "les touristes sont répartis par nationalités". La presse écrite tunisienne a beaucoup écrit sur les Allemands et les Français, fait-il observer, d’autant plus qu’il s’agit de marchés en recul, notamment le marché allemand. "Dans les années 70, il y avait 1 million de touristes allemands en Tunisie, un nombre qui a baissé de moitié". Le conférencier déplore le peu d’intérêt accordé par la presse aux touristes maghrébins. "On en parle beaucoup moins, il n’y a pas eu en 2009 un seul article sur les touristes libyens. Pourtant, il s’agit du marché le plus important pour la Tunisie. Les Libyens dépensent des sommes énormes surtout dans le domaine médical". Et le tourisme intérieur ? A en croire ce connaisseur de la Tunisie, "le tourisme tunisien est en train d’évoluer. Il est même persuadé que les chiffres officiels le classant à la 5ème, voire à la 7ème place, sont en-deçà de la réalité". Il invoque, entre autres exemples, une soirée de réveillon qu’il a passée dans un prestigieux restaurant de Tunis où la majorité de la clientèle était composée de Tunisiens. Et de poursuivre : "Auparavant, les Tunisois partaient en villégiature à la Goulette, maintenant ils vont au Cap bon, et les vacances coûtent plus cher". D’après Michalak, le tourisme a un réel impact sur le patrimoine tunisien. On fait beaucoup pour préserver les espaces traditionnels, et les sites archéologiques. "L’Artisanat est axé sur le tourisme, la poterie de Sejnène propose d’ores et déjà des petits cochons et des petits hiboux, pour répondre à la demande des touristes". Le tourisme est un secteur erratique qui obéit aux effets de la conjoncture. S’il y a des problèmes politiques, économiques, cela retentit inéluctablement sur le tourisme, fait-il valoir en déclarant : "J’ai observé l’évolution du tourisme tunisien pendant 45ans, il n'y a pas eu une grande crise en Tunisie. La baisse en nombre de touristes a été contrebalancée par l’augmentation des dépenses des touristes, voire des recettes. Cela s’explique par le fait que le tourisme tunisien est moins cher, c’est une destination abordable pour tout le monde. Ce qui constitue un atout et un désavantage à la fois. Les hôteliers qui ont lancé des investissements depuis le milieu des années 80, doivent payer les banques. Ils demeurent toutefois à la merci des Tours opérateurs "TO", leurs rentrées d’argent sont peu importantes, ce qui les amène à tirer leurs services vers le bas. Avec l’open sky, le tourisme tunisien sera encore moins cher, et ce sera déterminant pour les touristes quant au choix de leur destination de vacances". Il conclut son exposé sur une note optimiste : "La Tunisie s’est bien comportée face à la crise, le tourisme a résisté au choc et va continuer à se développer. Le futur du tourisme n’est pas en Europe, mais dans le tiers monde". Gnet

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