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Tourisme et eau

31 mars 2010

Mercredi, le jour de notre rendez-vous hebdomadaire sur les ondes. Sujet du jour: Tourisme et eau.

L’eau, c’est la vie. C’est ce qu’affirme Eric Orsenna, académicien français de renom, lorsqu’il dit « que l’eau c’est le miroir des populations et qu’en absence d’eau, il n’y a pas de dignité pour l’homme ». Donc préservons-la, y compris en vacances.

Les enquêtes sont claires : la présence d’eau, pour la baignade ou pour la pratique de sports aquatiques, est un élément primordial dans le choix d’une destination par les touristes occidentaux, qui représentent plus de la moitié des touristes internationaux. Il ne faut d’ailleurs pas aller très loin : voyons ce qui se passe sur les côtes de la mer du Nord dès qu’il y a un rayon de soleil.

La pression démographique dans les zones de baignade, le non respect du milieu aquatique (déversement des eaux usées, vidange des moteurs de bateaux, rejet de déchets en tous genres en particulier les sacs en plastique),  entrainent une modification de l’équilibre naturel, la destruction de la biodiversité, de la flore sous marine et l’érosion du littoral dans de nombreux pays du Sud. A terme, le tourisme non maîtrisé détruit ce qui est l élément d’attractivité touristique. Des exemples : dans les Caraïbes, 90% des eaux usées des hôtels sont rejetées directement dans la mer. Selon le PNUD, un bateau de croisière déverse 70.000 tonnes de déchets par an.

Même en Europe où des efforts ont été réalisés et des mesures contraignantes prises par les pouvoirs publics, on voit encore trop souvent des poubelles qui débordent dans nos lieux de vacances et des touristes paresseux, jouant au Petit Poucet en balisant leur parcours sur la plage de détritus en tous genres. Pas très séduisant pour les autres touristes et encore moins pour les hôtes des lieux.

Un autre problème: la consommation excessive, voire abusive, d’eau par les touristes

 

A l’heure actuelle, plus d’un milliard cinq cent mille personnes n’ont pas accès à l’eau potable. C’est notamment le cas dans beaucoup de zones dans lesquelles sont implantées des industries touristiques, grandes consommatrices d’eau.

Les chiffres sont éloquents : un touriste utilise 4 fois plus d’eau que le citadin moyen et sous les tropiques cela monte à 7 à 10 fois plus d’eau. En Méditerranée, durant la saison touristique, le touriste consomme près de 850 litres d’eau par jour c’est-à-dire 4 fois la consommation moyenne par jour d’un citadin. Les hôtels de luxe, équipés de piscines, de golfs etc, consomment jusqu’à 836l par jour et par chambre alors que les petits hôtels qui gèrent durablement leur eau atteignent 187 litres.

Pour les populations des pays d’accueil, les conséquences sont lourdes: rationnement de l’eau, nécessité d’acheter de l’eau en bouteilles pour satisfaire leur consommation privée. Cette eau coûte mille fois plus cher que l’eau du robinet, participe à la réduction du niveau de vie de ces populations et contribue à aggraver la pollution et le réchauffement climatique.

A qui la faute dans cette non gestion de l’eau ?

La réponse est loin d’être aisée. La démocratisation du tourisme par la baisse des coûts pour des séjours dans des pays du Sud s’est faite aux dépens d’un certain nombre de valeurs parmi lesquelles la gestion de l’environnement. Celle-ci a un coût auquel certains opérateurs touristiques en recherche de profits immédiats sacrifient volontiers . En l’absence de réelles mesures coercitives, c’est trop souvent le règne du n’importe quoi qui donne l’illusion aux touristes que tout est accessible à bas prix mais sans mettre en évidence les impacts négatifs.

Ceux-ci ne sont  pas toujours perçus en quelques jours de vacances. Il nous semble donc important de rappeler au touriste-consommateur que préserver un milieu cela coûte et que s’il veut en bénéficier pour sa pratique touristique aujourd’hui, et pour celle de ses enfants demain, il doit aussi tenir compte de l’impact financier au moment où il choisit sa destination et ne pas choisir uniquement en fonction d’un bas prix.

Quelles sont les bonnes pratiques pour être un touriste responsable ?

Adopter des comportements de bon sens, aisés à mettre en place, basés sur la co-responsabilité de tous dans la gestion de la Planète, des pratiques qui ne perturbent en rien le bon déroulement de vos vacances et le plaisir de bénéficier de l’eau. Ces bonnes pratiques sont à adopter dans le tourisme de proximité comme dans le tourisme international.

Quelques exemples:

Limiter les douches même par temps caniculaire et les préférer aux bains, fermer les robinets, limiter la consommation de draps et serviettes et suivre les instructions des hôteliers responsables, ne pas utiliser de détergents polluants.

Et surtout choisir un opérateur touristique qui adopte des mesures de gestion durable de l’eau. Ne pas hésiter à l’interroger. Au Pérou, une petite association Incaguides, propose un circuit « les enfants de l’Amazone »  basé sur la récolte d’eau pour en faire comprendre l’importance pour la survie des populations locales.

Enfin,  si vous voulez en savoir plus sur la qualité des eaux de baignade en Europe, destination de plus de la moitié des touristes internationaux, un site www.eea.europa.eu.



 

 

 

 

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