Dans chaque ville de Tunisie, il y a une Avenue Bourguiba.
Seule, celle de Tunis accapare une somme de sensations historiques, sociales et sentimentales .
Malgré les vissicitudes des époques passées, cette avenue représente pour ma génération beaucoup de joies, de peines et de souvenirs.
Mais depuis quelques décennies, je ne vais plus jamais à l’avenue Bourguiba sauf à la veille des fêtes . c'est les seuls moments où cette avenue est desertée et j'ai alors le sentiment qu'elle est mienne, pour moi tout seul.
En effet, j’ai l’impression que l’âme cette avenue, mythique à ses heures, a disparu et occasionnellement, elle fait des passages la veille des fêtes, peut-être en l’absence des foules qui la hantent le reste de l’année.

Mais le peu de temps que je passe sur une terrasse d'un café ou en me promenant , me donnent la même joie qu’éprouverait, autour d’une table de spiritisme, quelqu’un qui a retrouvé l’âme d’un être aimé, un être disparu depuis des années. 