Hammamet Autrement & plus encore
Le cimetière des rêves
Imaginons un instant que l’âme de l’Avenue Bourguiba, puisse un jour communiquer.
Qui mieux que les oiseaux de l’Avenue peuvent exprimer ses pensées les plus profondes.
Ce serait un jour de vent, pas ce vent violent qui par rafales, essaye de faire fuir les chômeurs professionnels, les voleurs en maraude, les touristes en quête d’émotion et les révolutionnaires de dernière heure qui étaient grippés le 14, et qui hantent ces lieux.
Non ! C’est ce vent glacial, insidieux qui laisse les terrasses des cafés vides, qui impose le silence, et fait des policiers et militaires des ombres qui se déplacent de réverbère en réverbère, fantômes d’une puissance jadis crainte.
Les oiseaux, fatigués de jouer avec le vent, s’emmitouflent dans les arbres, cherchant le réconfort et la douce quiétude des temps passés.
Que leur racontent les arbres ?
Au gré du souffle du vent, ils chuchotent et les oiseaux déchiffrent une litanie : s’ils savaient, s’ils savaient, s’ils savaient ….
Que peuvent ils savoir, que les hommes sont veules…, qu’ils ont la mémoire courte … , que le temps est infini…..
Hier encore, un 14 janvier, ils étaient là, fureur de la victoire annoncée, amalgame de rêves innocents et de projets de reconversion, demain, vite demain sera un autre jour, l’Eden pour les uns, firdaws pour les autres et puis …
Mais que s’est-il passé en un an, le parfum de la félicité se transforma en une odeur de sueur d’angoisse et de senteurs musqués, les regards étaient fuyants, tous semblaient heureux, les uns pour chasser les démons de la peur du lendemain, les autres ….mais ils n’étaient plus ensemble.
Que reste-t-il de l’Avenue Bourguiba ?
Et puis mon moi me réveille : Depuis quand les arbres parlent, depuis quand les avenues ont une âme, c’est grave docteur….
Oui c’est grave, reprend tes tranquillisants, mets un burnous, il fait froid … cela ira mieux…….Eteins la tété en sortant ……
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