Hammamet Autrement & plus encore
Héla Fattoumi et Eric Lamoureux, ont co-écrit cette dernière création, un solo dansé par Héla Fattoumi, d’origine tunisienne. Petite fille, elle a joué avec le Safsari (voile blanc) des femmes tunisiennes, comme l’enfant joue à l’adulte en chaussant les escarpins de sa mère. Jeune fille, elle a baigné dans une éducation axée sur une somme d’interdits liés à la tradition arabo-musulmane. Pour échapper à cette continuité, elle a plongé dans des lectures qui lui ont révélé l’impérieuse nécessité de questionner sa culture d’origine, à certains endroits, trop liberticides. Héla Fattoumi est donc une femme arabe, pétrie d’une double culture, dite émancipée, une femme très attachée à la question de leur liberté, celle de vivre leur vie de femme.
Ces dix dernières années, le port du hijab (le voile), largement commenté dans les médias a été pour elle, le creuset de questionnements complexes. Elle a fini par oser acheter un de ces vêtements, l’a endossé, s’est mise à l’intérieur pour sentir. Être immobile, oser un geste, un déplacement, une danse… Elle était prête à tenter un geste artistique à partir de ce vêtement…
Le propos de Manta est engagé et ne fait pas dans la demi-mesure. Il interroge le hijab dans son rapport à la liberté de l’être et, en premier lieu, celle de ses mouvements.
Ce spectacle a reçu le label d dans le cadre du cinquantenaire du Ministère de la Culture et de la Communication.

Présentation
En 1998, Héla se donnait en solo dans 'Wasla', répété et créé en Tunisie. Elle se souvient de la rue étouffante et du studio où elle respirait enfin. Dix ans plus tard, elle revient en solitaire avec 'Manta' co-écrit avec Éric. Une démarche qui touche à ses origines, enfant élevée dans l'idée que les femmes étaient préservées pour l'honneur de la famille. Danseuse émancipée, Héla Fattoumi a voulu savoir ce que cachait le hijab, le voile de la femme musulmane. Enveloppe, membrane, chrysalide ? Elle en a donc acheté un, l'a essayé. Des sensations vont naître et peu à peu l'idée de ce solo. 'Comment avec mon corps de danseuse mettre en mouvement ce vêtement. Et lorsque seuls les yeux, et donc le regard, sont à découvert, que reste-t-il ?'. Sujet brûlant sans doute mais qu'Héla, avec l'apport distancié de Éric Lamoureux, veut aborder sans faux-semblant. Déjouer les attendus donc et dans ce hijab couleur chair donner à voir un autre corps comme en radioscopie.
Chorégraphie d'Héla Fattoumi et Éric Lamoureux
Lumière de Xavier Lazarini
Son d'Éric Lamoureux
Costumes de Marilyne Lafay
Scénographie de Stéphane Pauvret
Avec Héla Fattoumi