Hammamet Autrement & plus encore
Mon jardin est triste.
J’ai arraché mes jasmins, fleurs livides dont le parfum à la longue a muté et me rappelle celui des chrysanthèmes
Je n’aime plus le jasmin…
Longtemps trompé par son parfum suave qui s’imprègne dans mes gènes, par sa couleur, il se dissimule dans la chaux de mes murs.
Il était devenu à travers le temps le compagnon de mes moments de bonheur, le confident de mes soupirs, le complice de mes fantasmes jusqu'à devenir le fantasme !!
Pourquoi, m’a-t-il trompé après tant de proximité ?
Mais que planterais-je dans mon jardin dévasté.
Des roses !!
Tous les poètes ont chanté les roses, mais qui n'a pas été piqué sournoisement par cette fleur?
Et puis cette fleur est éphémère, elle ne vit que ce que vivent les roses, l'espace d'un matin, et Malherbes ne me démentirait pas.
Echaudé, par mon expérience avec le jasmin, je consulte et cherche la fleur campagne de mes vieux jours.
La figue de barbarie s’imposa alors à mes pensées, car ses épines ne sont pas dissimulées, son parfum humble, n’attire que ceux qui lui sont fidéles.
SAADI dans son Gullistan " jardin des roses" ne connaissait pas la figue de barbarie car il aurait sûrement apprécié son éternel défi : tu aimes donc tu dois souffrir.
La figue de barbarie est à l'image de ses amants: il faut la cueillir à travers les épines, éviter ses piquants, la dévêtir de son manteau rugueux mais après ........quel régal ....... il faut la mériter.
Mais mon jardin sera-il moins triste ??